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Philosophie le (07/06/2005) par Tarantino Luigi Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
La psychologie historique d'Ignace Meyerson
À la base de la psychologie historique se trouve une idée simple : étudier les fonctions psychologiques dans leur développement et dans leurs modifications au fil de l'histoire. Les conséquences théoriques qu'une telle idée peut avoir, intégrée dans un programme de recherche en sciences humaines, sont en revanche des plus profondes. C'est l'histoire elle-même qui est, tout d'abord, appelée à redéfinir son rapport à la psychologie envisagée, depuis toujours, comme une « donnée constante évidente, universelle ». Alors que, déjà pour un Thucydide, elle servait de base pour l'explication des actions humaines, la psychologie devient de nos jours, en dehors du postulat de l'invariabilité des fonctions psychiques, un problème parmi d'autres que l'historien se doit d'élucider. Sur l'autre versant, ce sont les psychologues qui sont plus directement en cause. Au moment où - dans les années 20 et 30 - certains s'employaient à construire l'évidence fondamentale pour la psychologie scientifique, celle qui affirme l'appartenance du fait psychologique au seul registre des faits naturels, Ignace Meyerson travaillait à jeter les fondements d'une psychologie « objective », « comparative » et « historique ». Il voyait en ces trois attributs la meilleure garantie de scientificité pour la psychologie humaine et appelait à la construction d'un territoire commun entre la psychologie, la sociologie et l'histoire. L'héritage de Ribot et de Janet, consistant à faire une psychologie de la « conduite », pouvait ainsi être réinvesti dans un paradigme qui supportât l'hypothèse du caractère inachevé et inachevable des fonctions psychologiques.